Guy MAMOU-MANI était l'invité de Femmes, Débat et Société

C’est un fervent défenseur de la cause des femmes : Guy MAMOU-MANI,  que l’Association Femmes Debat Société a reçu le mardi 12 mars 2019, puisqu’il n’est rien de moins que Membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCEfh). Il est, par ailleurs, Président du Groupe Open et Président de Syntec Informatique, après avoir créé en 1995 la filiale française du groupe américain Manugistics. Sa riche expérience ne s’arrête pas là : il avait commencé sa carrière en tant que professeur de mathématiques dans un lycée professionnel à Sarcelles, avant d’avoir accompagné des clients dans leur transformation numérique en tant que consultant. Fort de 40 ans d’expérience dans le domaine informatique, il vient de publier l’Apocalypse Numérique n’aura pas lieu aux Editions de l’Observatoire.

Adhérent du mouvement : « Jamais sans elles », il s’est, donc, retrouvé en toute familiarité avec l’Association Femmes Débat Société, qui regroupe des femmes en postes de responsabilité qui, par ailleurs, aiment débattre en matière de politique, de société, de parité à partir des valeurs fondamentales, humanistes et européennes qu’elles partagent.

Guy MAMOU-MANI remercie l’Association de son accueil et précise les raisons pour lesquelles il vient d’écrire son ouvrage. Il s’agit de combattre la vision détestable et anxiogène qu’ont donné certains auteurs, en particulier Laurent ALEXANDRE , de l’avenir du numérique vu comme annonce de la fin du monde. Or, « à force de diaboliser le futur, on condamne le présent ». Il n’aborde, dans son livre, que les secteurs d’activité dans lesquels il a travaillé et sur lesquels il a un regard averti. Sans sous-estimer les risques du numérique : déshumanisation , propriété des données, concurrence chinoise, etc ...), il en a une vision positive, partagée par certains experts comme Luc JULIEN, vice-président de Samsung ou Laurence DEVILLERS. Cette vison est étayée sur deux idées.

La première est que le numérique apporte une réponse aux questions que pose notre civilisation. Le chômage, les déserts médicaux n’ont pas attendu le numérique pour exister, ils n’en sont pas la conséquence.
Peut-on raisonnablement imaginer qu’en 2020 un professeur soit seul face à 30 élèves ? Il faut imaginer de nouvelles pédagogies, de nouvelles façons de travailler. L’orateur se déclare, donc, hostile à la suppression des smartphones à l’école. Les enseignants feraient mieux de former leurs élèves à son usage. Les interdire en classe évoque les premières réactions lors de l’introduction des calculatrices à l’école.
Le numérique ne va-t-il pas permettre le progrès en matière de santé, permettre, par exemple, aux seniors de rester chez eux en sécurité ?
Va-t-il généraliser le chômage en supprimant des emplois ? Ce n’est pas ce qu’indiquent les statistiques des pays les plus robotisés. C’est chez eux que le chômage est à son plus bas étage.
Pourquoi ? A cause des gains réalisés en matière de qualité, de compétitivité, d’humanisation du fait de l’enrichissement du contenu du travail.
Les hommes politiques, à l’exception d’Emmanuel MACRON qui est, lui, conscient des enjeux, n’y comprennent rien, car ils restent effrayés par les risques de perte d’emplois.
En matière numérique la transformation du pays reste insuffisante. 13 millions de français y restent étrangers : il faut les y former.
Il s’agit d’un enjeu sociétal : en cassant nos codes habituels (en matière d’habitat ou de transport, par exemple), le numérique offre la possibilité de réinventer le monde. A ces bouleversements, les femmes restent trop souvent étrangères. Dans le domaine du numérique on n’en compte que 28% et 10% seulement dans les fonctions techniques. Il est urgent que les hommes leur laissent des places et qu’elles osent les occuper sans éprouver le syndrome de l’imposteur. Il leur faut s’engager dans le « coding », dans l’informatique.

La seconde idée concerne la diversité. Nos « quartiers » ont des talents. Quels que soient les sacrifices consentis par les familles pour financer leurs études, les enfants des populations défavorisées peinent à trouver de l’emploi et même à décrocher un premier rendez-vous. Une spécialisation informatique leur ouvrirait toute grande la voie de l’intégration, leur donnerait l’opportunité d’embauches au tarif moyen de 33 000 Euros et à terme une moyenne de salaire de 50 000 Euros.

En conclusion, l’orateur indique que la  révolution numérique est un tsunami que l’on peut soit refuser, soit utiliser en en profitant. Le nouveau monde sera ce que nous en ferons. L’abondance et la variété des questions fournit à l’orateur l’occasion de préciser certains points :

  • On n’a pas à faire n’importe quoi avec les données. Il faut encadrer l’usage du numérique de normes éthiques, fiscales , sociales. Ainsi se déclare-t-il en faveur du RGPD. Ces normes sont à créer, car il est inutile de tordre les cadres du 19ème siècle pour préparer le nouveau monde. Ces règles, à défaut de pouvoir s’imposer à l’échelle mondiale, peuvent l’être au plan européen
  • L’équipement en smartphones de chaque écolier peut être facilité par l’Education Nationale. Par contre, la couverture Internet du territoire national est à largement améliorer.
  • A propos des GAFA détentrices des données, il faut préciser qu’Apple n’en fait pas partie. Leurs méthodes ne sont pas exclusives : on peut construire des systèmes différents complémentaires. La RGPD apporte une première pierre à ce chantier..
  • On parle de populations « inutiles » car étrangères à l’informatique. Ce terme d’inutiles est dramatique. A force d’attention, de pédagogie, on peut les ouvrir au numérique. C’est une des raisons pour lesquelles l’auteur a écrit son ouvrage.
  • Il est anormal qu’existent des baccalauréats dans lesquels l’informatique ne soit qu’une option.
  • Quelle place faire à ceux qui ne bénéficient pas d’une formation mathématique ou scientifique ? Faire société exige des humanistes et la Sorbonne offre aux littéraires une formation informatique.
  • Pendant les cours, on paramètrera les smartphones de façon à en neutraliser l’usage à des fins de loisir.

En conclusion, l’orateur souligne l’urgence de mettre tous les moyens possibles au service de l’éducation.

Par la voix de Françoise VILAIN, sa Présidente d’Honneur et celle de Monique RONZEAU, sa Présidente, l’Association Femmes Débat Société souligne l’importance du sujet traité et remercie chaleureusement l’orateur pour la grande utilité de son intervention.


Bref rappel est fait des prochaines manifestations :
- le déjeuner du 9 avril,
- un dîner au Pavillon Néerlandais de la Cité Universitaire le 14 mai,
- l’Assemblée Générale suivie d’un dîner le 17 juin au Sénat.

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François MOLINS était l'invité de Femmes, Débat et Société

Dans le cadre de ses déjeuners mensuels, l’Association Femmes Débat Société a accueilli le Procureur Général près la Cour de Cassation : François MOLINS.

En le remerciant d’avoir accepté cette invitation, la Présidente de l’Association Monique RONZEAU a souligné qu’il était déjà bien connu de ses membres du fait de ses interventions lors des situations particulièrement tragiques auxquelles il a dû faire face, interventions
empreintes du recul et du caractère rassurant qu’il a su transmettre. Elle lui présente brièvement l’Association en insistant sur les valeurs communes que partagent ses membres et en soulignant la variété des invités à ces déjeuners mensuels : aux personnalités du monde politique, s’ajoutent des artistes, écrivains, etc...

Cécile PETIT le remercie à son tour de sa venue en rappelant qu’au cours des 7 années qu’il a passées au Parquet de Paris, il a été la voix et la figure de l’anti-terrorisme. En rendant simples et accessibles les informations qu’il délivrait, il a donné une vision positive de la justice. Au cours d’une carrière consacrée au Parquet, il a été un homme de terrain, spécialiste de toutes les délinquances. Après avoir occupé plusieurs postes de substitut, puis de procureur de la République, il a été nommé chef de service à la direction générale des affaires criminelles et des grâces de la Chancellerie (2001 – 2004), puis Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bobigny (2004 – 2009), avant de devenir le directeur de cabinet du ministre de la Justice (Michèle Alliot-Marie et Michel Mercier 2009 – 2011). Après avoir exercé les fonctions de Procureur de la République près le Tribunal de Grande
Instance de Paris, il est aujourd’hui Procureur Général près la Cour de Cassation depuis novembre 2018.

Prenant la parole, le Procureur François MOLINS indique qu’il est magistrat depuis 42 ans, fonction qui consiste à se mettre au service des autres et de la société. Il n’a jamais souhaité quitter le Parquet parce qu’il s’agit d’une fonction qui conduit à décider en permanence et qui peut faire bouger les choses. Son passage à la direction des affaires criminelles et des grâces, puis aux cabinets ministériels lui a permis de bien les percevoir.. De plus, un parquetier travaille en équipe et on est plus intelligent lorsque l’on travaille à plusieurs. Le parquetier oriente les procédures, demande les condamnations et veille à leur application. Ce sont des fonctions qui exigent de la loyauté, de la mesure, une prise de distance, du courage, de l’indépendance, de l’humilité et enfin un sens psychologique qui donne toute sa place au doute.

De son passage à Bobigny le Procureur MOLINS a fait un peu un laboratoire en accueillant 53 magistrats sortis de l’Ecole Nationale de la Magistrature et en communiquant avec de nombreux journalistes afin de corriger l’image de la Justice. Le Parquet de Paris a des compétences beaucoup plus étendues que les autres parquets dont les compétences sont territoriales. A Paris, elles touchent les domaines militaire, national pour ce qui concerne le terrorisme et international pour ce qui touche les Français à l’étranger, qu’ils soient accusés ou victimes. Il y faut conjuguer l’animation d’une équipe avec le traitement de dossiers économiques et financiers comme de dossiers faisant intervenir plusieurs pays.

Le travail s’est approfondi et allongé : alors qu’en 1995 date de l’attentat du Métro Saint Michel, 5 minutes ont suffi au Parquet de Paris pour saisir l’instruction ; lors des attentats de 2015, il a fallu plusieurs semaines pour faire la même chose. Depuis la loi de juillet 2013, le Parquet de Paris est devenu plus indépendant devant le terrorisme. Le dossier Cahuzac a fait intervenir le Procureur national financier, dont le rôle est devenu d’autant plus indispensable que le Parquet de Paris a dû traiter l’avalanche des dossiers liés aux attentats terroristes : le Bataclan qui a nécessité 6 mois de procédure, le Thalys, Villejuif, l’attentat de Nice... Les pays étrangers ne manqueront pas de regarder les méthodes et les délais de traitement de ces dossiers.

Après sa communication, le Procureur François MOLINS a répondu aux questions.
L’essentiel a porté sur les points suivants :

  • Les terroristes ayant purgé leur peine en 2019 – 2020 vont être libérés. Comment éviter la récidive ? Il est légitime qu’un pays victime comme l’Irak veuille juger les auteurs des exactions. Il en va autrement pour les Kurdes qui ne sont pas un Etat souverain et où, de ce fait, il n’y a pas de représentation française. Les français, là-bas, sont retenus dans des camps. Les majeurs y sont visés par des mandats d’arrêt, mais ne peuvent pas être jugés sur place. Il y a risque d’évasion des inculpés. Par ailleurs, Bachar el Assad détient des otages français.
    Quel est le moindre risque ? Organiser un retour en France ? S’il y a expulsion, il faut passer par l’Irak. Le cas des enfants peut être traité, les adultes, eux, iront en prison. C’est un calcul de risques. La prison peut donner lieu à la contamination des autres détenus. Ces adultes vont passer par des quartiers d’évaluation de la radicalisation et envoyés dans des établissements pénitentiaires plus ou moins rigoureux en fonction des conclusions de l’évaluation.
    La loi de juillet 1916 interdit l’aménagement des peines, mais elle n’est pas rétroactive. Il faut alors imaginer un système, qui implique l’échange d’informations entre les services de suivi. Cette solution n’offre cependant pas de garantie absolue.
  • Quel peut être le rôle de la Justice européenne ? D’une part, nos lois sont déjà largement inspirées par l’Europe. D’autre part, nous avons besoin d’équipes communes d’enquêtes regroupant des policiers de diverses nationalités. Mais la diversité de ces nationalités pose problème, car en Europe, les procédures sont très variées. Il nous faut aller vers l’harmonisation au nom de l’efficacité. En 2020, sera nommé un Procureur européen, mais ses compétences seront limitées aux escroqueries financières et à la TVA.
  • Le Parquet a-t-il besoin de plus d’indépendance ? Le Parquet ne sera jamais un juge. Il faut pour renforcer son indépendance un statut et un état d’esprit. En France, il faut enlever le venin de la suspicion. La procédure française donne de plus en plus d’indépendance au Parquet.
  • Où en est la prévention dans les banlieues ? Quelle est la gravité de la situation ? Le problème est connu depuis longtemps. Certains élus locaux ont accepté certaines situations afin de conserver une paix sociale. Chez les terroristes, on trouve toujours des radicalisés qui ne se sont pas reconnus dans la nation et qui se sentent victime de pannes dans l’ascenseur social. Avec le déclin de Daesh, le terrorisme va devenir plus individuel, mais aussi plus difficile à détecter.
  • Les juges semblent avoir un regard qui est en retard sur l’évolution de la société. On dispose cependant de tous les moyens et de tous les textes dont on a besoin, mais il manque la volonté ainsi que la formation. L’Ecole Nationale de la Magistrature doit imposer des formations obligatoires sur certaines thématiques..

En conclusion, Monique RONZEAU et Françoise VILAIN remercient chaleureusement le Procureur MOLINS en soulignant le caractère rassurant de son message.

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4 décembre 2018 : FDS reçoit Geoffroy DIDIER, député européen

Dans le cadre de ses déjeuners mensuels, L’Association Femmes Débat Société a accueilli Geoffroy DIDIER le 4 décembre 2018 afin d’évoquer avec lui les prochaines élections européennes.

Soucieuse de respecter les contraintes de l’agenda de son invité, la Présidente de l’Association Monique RONZEAU, récemment élue, l’accueille d’emblée en le remerciant d’évoquer un sujet si important.

Sont rappelées ensuite les principales étapes de la carrière de Geoffroy DIDIER : un cursus universitaire tant américain (Master of Law de l’Université Columbia à New York, visiting scholar à l’Université Harvard) que français (Sciences Po, DEA de droit des affaires, ESSEC Business School), lui permet de devenir avocat aux barreaux de Paris et de New York. L’appartenance à plusieurs cabinets ministériels, dont celui de Brice Hortefeux au Ministère de l’Intérieur le prépare à une carrière politique. Elu Conseiller Régional d’Ile de France en 2010, sur la liste de Valérie Pécresse, puis Secrétaire National de l’UMP, il fonde en 2012 La Droite Forte avec Guillaume PELTIER. Secrétaire Général Adjoint de l’UMP en 2013, il est aujourd’hui Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France, Président de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France depuis 2017, député européen et Secrétaire Général Délégué des Républicains.

L’orateur souligne l’utilité de traiter d’abord des Gilets Jaunes avant d’aborder les questions européennes. La situation est, en effet, inédite dans la mesure où elle rassemble des Français qui ne sont ni encartés ni syndiqués, mais des citoyens qui ne peuvent pas boucler leur budget, des personnes qui ne voient plus d’intérêt à aller travailler.
A l’origine de la Taxe Carbone, il y a une duperie : 19% seulement de la TICPE et 5% de la hausse servent à la transition énergétique. Au parti L R incombe la responsabilité de calmer le jeu, car les violences commises au cours des manifestations des Gilets Jaunes sont inexcusables. Le Gouvernement ne parviendra à appréhender le défi des élections européennes avant d’avoir apaisé la colère des Gilets Jaunes.

Trois mots caractérisent l’Europe : elle est un fait, elle est notre histoire, elle est notre culture, notre civilisation. L’intérêt de la France, c’est l’Europe. Que pèse, par exemple, notre pays lorsqu’il dépose dix fois moins de brevets que n’en dépose la Chine ? Alors que l’opinion ne voit souvent dans l’Europe qu’une tuyauterie complexe, elle oublie ses réalisations : pour n’en citer que quelques unes : le programme Erasmus, la liberté de voyager, l’uniformité des tarifs téléphoniques, les Appellations d’Origine Contrôlée, la traçabilité des viandes, etc …Seule, l’Europe peut s’opposer à des multinationales, telles les GAFA, qui pèsent aujourd’hui autant qu’un Etat, qui réalisent des bénéfices de plusieurs milliards d’Euros, qui pratiquent un lobbying omniprésent. Face à ces puissances, l’Europe est un bouclier. Il faut se poser la question suivante : « suis-je plus ou moins protégé par l’Europe ? »

Lorsqu’on ne voit l’Europe que sous forme d’un instrument normatif, on oublie que la France sur-transpose les directives européennes, elle en rajoute. Là où l’Union Européenne compte 50 000 fonctionnaires au service de 500 millions de citoyens, la Mairie de Paris en compte elle tout autant (52 000) au service de 2,2 millions d’habitants. Bercy en compte 3 fois plus (150 000).

En matière d’immigration, il faut protéger les frontières de l’Europe et, pour ce faire, augmenter les effectifs de FRONTEX, distinguer les demandeurs d’asile politique des migrants économiques. Il n’existe pas de solution durable dans le repli national. S’impose alors la nécessité d’une concertation avec les pays africains d’origine.
Il faut aussi une Europe plus stable dans ses frontières qui ait le courage de refuser l’adhésion de la Turquie. L’Europe a une identité commune, fondée sur une culture chrétienne. Actuellement, il faut éviter d’élargir l’Europe à la Serbie, au Monténégro et à d’autres pays Balkans en attente, quitte à ce que ce refus ne soit pas définitif afin de leur éviter une mainmise russe.
Lorsqu’en Europe, 95% des marchés publics sont ouverts aux entreprises étrangères, les USA n’en ouvrent que 30% et la Chine 0%, IL faut instaurer un principe de réciprocité dans les échanges commerciaux.
Nous avons trop attendu que l’Europe fasse à notre place ce que nous n’avons pas toujours eu le courage de faire en France.

L’orateur se prête ensuite au jeu des questions-réponses que l’on peut résumer comme suit :
• L’Europe ne peut-elle aider à résoudre les problèmes internationaux au moment où l’on voit la présidence américaine modifier les liens transatlantiques entre les USA et l’Europe, la Russie et la Chine, où reprend la crise ukrainienne, où apparaît l’inquiétude dans les pays baltes vis-à-vis de leur puissant voisin ?
Geoffroy DIDIER rappelle que le système politique américain est fondé sur le « check and balance », autrement dit que le Sénat amortit les chocs et joue un rôle apaisant.
• Alors qu’en France, le Sénat a voté le gel de la hausse des carburants, on s’étonne que le Premier Ministre l’ait ignoré.
Geoffroy DIDIER estime que le moratoire pour six mois est une provocation, et que l’urgence est surtout de renoncer de manière définitive à cette hausse de taxe.
• Pourquoi n’arrive-t-on pas en Europe à taxer les GAFA ? C’est là un enjeu essentiel de la prochaine mandature.
L’orateur répond qu’il faut surtout se demander pourquoi il n’existe pas de GAFA européen. Il indique, par ailleurs, que TRUMP a suscité une vague de patriotisme alors qu’il n’existe pas de sentiment de citoyenneté européenne. Il faut construire un patriotisme européen, patriotisme et non pas souverainisme, qui écraserait les nationalismes.
Il faut défendre un patriotisme européen malgré les disparités que l’on constate au sein de l’Europe, par exemple : un SMIC qui s’élève à 215 Euros en Bulgarie et à 2 000 euros au Luxembourg, mêmes disparités entre les coûts de production, l’âge de départ en retraite (67 ans en Allemagne), la durée annuelle du travail, etc …
• Sont abordés ensuite les sujets suivants : l’Europe sociale et la paix, l’utilisation des impôts européens, la COP 24, sujets qui permettent à l’orateur de développer les points suivants :
- On constate un manque de pédagogie en matière européenne qui entretient chez les peuples des idées préconçues.
- La France génère 1 à 3% des émissions mondiales à effet de serre. Elle se distingue très favorablement dans ce domaine, car nos entreprises s’attachent technologiquement à la transition énergétique. L’Europe pourrait taxer la pollution importée et la Banque Européenne soutenir les investissements climato-compatibles. L’engagement en faveur du climat peut conforter la puissance européenne au moyen de crédits pour une croissance pérenne, donc sociale. Bien d’autres mesures peuvent la favoriser : discours incitatifs, isolation des logements, développement des circuits courts, taxation du kérosène mais il n’y aura pas de sauvetage climatique planétaire sans concertation européenne. A cette exigence, s’ajoute la nécessité de rendre l’écologie supportable économiquement.
- En ce qui concerne la présidence de TRUMP, on peut faire un parallèle intéressant avec la France : alors que TRUMP est l’élu de l’Amérique profonde, de ses territoires, Emmanuel MACRON en est éloigné.
- On ne peut pas gouverner la France avec 3% de déficit budgétaire pour seul objectif
- L’Europe doit aller vers la convergence des prélèvements fiscaux et sociaux.

Au terme de cet entretien, la Présidente Monique RONZEAU remercie chaleureusement son invité en soulignant la passion avec laquelle il défend ses idées et ses engagements.
Elle évoque les contacts pris avec les futurs invités des déjeuners de l’Association et indique à ses membres la possibilité de régler leur cotisation en ligne. Elle remercie Clara LEES, l’assistante de Catherine DUMAS , du travail qu’elle a effectué au service de l’Association et se réjouit de la voir bientôt en devenir membre.

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Monique RONZEAU

Présidente de FDS et du conseil d'administration

 

Monique Ronzeau

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