2ème édition de l'Université d'Automne des Femmes tunisiennes et françaises

 

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2Eme édition de l’UNIVERSITE D’AUTOMNE DES FEMMES TUNISIENNES ET FRANCAISES

LA REUSSITE AU FEMININ, FRANCAISES ET TUNISIENNES AU CŒUR DU CHANGEMENT

 

Le jeudi 7 décembre 2017, le Palais du Sénat à Paris a accueilli une importante délégation de femmes tunisiennes entourées des membres de Femmes, Débat et Société ainsi que de leurs invités.

 

Placée sous le haut patronage de Gérard LARCHER, Président du Sénat, cette 2ème édition de l’Université d’Automne des Femmes Tunisiennes et Françaises a mobilisé de nombreuses personnalités, députés et sénateurs dont les interventions ont contribué au succès de cette manifestation. Pour n’en citer que quelques-uns : Jean-Pierre RAFFARIN, Ancien Premier Ministre, Jean-Pierre SUEUR, Sénateur du Loiret, Saida GARRACH, Porte-parole de la Présidence de la République Tunisienne, Olivier POIVRE D’ARVOR, Ambassadeur de France en Tunisie. Neziha LABIDI, Ministre Tunisienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, ainsi que Nicole AMELINE, Présidente du Comité de lutte contre les discriminations faites aux femmes (CEDAW) de l’ONU et Ancienne Ministre de la Parié et de l’Egalité Professionnelle, y sont intervenues sur écran. Françoise VILAIN, Présidente d’Honneur de Femmes, Débat et Société a procédé à l’introduction de la séance.

 

Il y aura bientôt deux ans que Catherine DUMAS, Présidente de Femmes, Débat et Société, et son Conseil d’Administration à l’unanimité, ont décidé d’engager un partenariat avec Tunisiennes Fières, un think tank dédié à renforcer le pouvoir d’influence des femmes tunisiennes sur le plan national et international. Ainsi l’Association FDS en collaboration avec Donia KAOUACH, Présidente de Tunisiennes Fières, a organisé le 30 septembre 2016 à Tunis la 1ère Université d’automne des Femmes tunisiennes et françaises sur le thème « La réussite au féminin- les projets innovants ». Cette année, il incombait à l’Association FDS d’accueillir ses partenaires tunisiennes afin de poursuivre une collaboration fructueuse et pérenne.

 

Qui sont ces partenaires ? Ce sont des universitaires, artistes, chefs d’entreprise, journalistes, grands commis de l’Etat, artisanes qui se battent pour la démocratie et la liberté. Elles n’ont jamais cédé : ni face à l’horreur du terrorisme, ni sous les pressions de ceux qui voulaient les dessaisir de leur identité et de leurs droits. Elles sont le rempart contre les périls qui menacent l’avenir de la Tunisie, pays qui appartient à la Méditerranée et auquel son histoire et ses ancêtres ont légué une tradition d’ouverture, comme le rappelle Donia KAOUACH. Mais, pays fragile aussi, qui a accueilli un million et demi de Libyens, soit10% de sa population, et qui, malgré la pratique d’un Islam modéré, n’est pas exempt de composantes islamistes.

 

Autant de raisons pour admirer l’extraordinaire dynamisme manifesté par les femmes tunisiennes qui sont intervenues au cours des deux tables rondes qui ont suivi : la première portant sur « les femmes au cœur du numérique, pour l’emploi, l’entreprise, la vie politique et la communication », la seconde sur « les femmes, rempart contre la montée des intégrismes ».

 

Avec les interventions d’Asma ENNAIFER, Directrice des Relations Extérieures, de la RSE et de l’innovation d’Orange Tunisie, Lauréate en novembre 2017 du Prix spécial UTICA de l’innovation, de Hayet RAYS, Directrice Générale de Mindshare Tunisie et de Groupm, Lauréate du Prix Manager de l’année de la région MENA, membre exécutif de l’Union nationale des agences de publicité (Sapa), de Wala KASMI, Présidente de l’Association Youth Decides, élue Femme Digitale de l’année 2017, Lauréate du Prix de l’Innovation Sociale en 2016, de Myriam KHELIFI, Senior Manager au sein du département Conseil en Technologie de EY Tunisie, d’Isabelle BORDRY, Administratrice de Groupama, de la société Netgem et de la Réunion des Musées Nationaux, co-fondatrice de la start-up Regency et grâce à l’animation de Delphine BURGAUD, Consultante en communication et membre du Conseil d’Administration de FDS, on ne pouvait plus douter que le numérique est une révolution et non pas un simple outil.

 

Très frappant était le souci de ces femmes tunisiennes de diffuser leurs compétences en formant des jeunes, des citoyens dans des comités locaux, ou des professionnels. Elles tiennent à mettre leur réussite au service de la collectivité nationale.

 

Sihem KHEFI, Avocate, Universitaire et Vice-Présidente du Conseil International des Femmes Entrepreneurs (CIFE) animait la seconde Table Ronde : « Les Femmes, remparts contre la montée des intégrismes ». Maya KSOURI, avocate de formation et journaliste politique, deux fois élue meilleure chroniqueuse de Tunisie, souligne que les femmes tunisiennes, souvent prolétaires, ne sont pas toutes hostiles à l’intégrisme. De ce fait, les femmes qui considèrent, comme elle, que l’Islam modéré n’est qu’une invention se sentent bien seules. Ses positions sur les libertés individuelles et les droits de la femme lui valent des menaces qui justifient la protection que lui accorde le Ministère Tunisien de l’Intérieur. Arlette CHABOT, journaliste, animatrice de radio et de TV, auteur du livre-entretien avec le Président de la République Tunisienne, Béji Caid ESSEBSSI : « Tunisie, la démocratie en terre d’Islam. Plon », affirme qu’à réduire la liberté des femmes, on réduit celle des hommes. Pour elle, toutes les femmes doivent se battre. Si, en France, la laïcité garantit la liberté et la place des religions, l’Etat se montre tolérant vis-à-vis de pratiques insupportables dans les cités. Elle non plus ne croit pas à l’Islam modéré. Samia MAKTOUF, avocate spécialisée dans les affaires liées au terrorisme a écrit l’ouvrage : « Je défendrai la vie autant que vous prêchez la mort » publié chez Michel Lafon en 2017. Elle commente le procès d’Abdelkader Merah qui a mis en lumière les disfonctionnements de la démocratie tout autant que la dignité des familles des victimes. Bénédicte de KERPRIGENT, fondatrice et directrice de l’Institut des Hauts de Seine, a créé « l’école française des femmes dans les quartiers difficiles ». Ces écoles sont des laboratoires d’émancipation qui ont contribué à éloigner les dealers, à faire revenir les commerçants. Grâce à l’enseignement du français et à l’accompagnement professionnel, elles visent à former des femmes entrepreneurs. Sur les 2 000 femmes qui ont suivi cette formation, 60 % ont réussi. Hela OUARDI, écrivain et universitaire, est associée au laboratoire d’Etudes sur les Monothéismes du CNRS. Elle a écrit : « les derniers jours de Muhammad, Plon », ouvrage qui évoque les derniers jours du Prophète et les conflits à l’origine de la scission sunnites/chiites. Le livre est interdit dans plusieurs pays où les radicaux religieux le considèrent comme blasphématoire. Elle souligne la paresse qui nous empêche de nous pencher sur la connaissance de l’Islam qu’elle considère comme structurellement violent en matière politique. Depuis le coup d’état du premier califat, les manipulations politiques ont arraché l’Islam à l’histoire.

 

Au cours de cette table ronde, la netteté des positions des intervenantes, comme la qualité de leur engagement, ont éclairé bien des confusions et forcé l’admiration.

 

Intitulées « Regards croisés » deux communications, présentées par Monique ROUZEAU, membre du Conseil d’Administration de FDS, sont venues illustrer l’alliance franco-tunisienne. Sarah TOUMI, fondatrice d’ACCACIAS FOR ALL et membre du Conseil pour l’Afrique-Présidence Française, est née en France et a choisi de retourner en Tunisie pour s’engager auprès des malchanceux qui vivent dans les zones de sous-développement. Avec l’aide d’Orange, elle a contribué à la rénovation d’écoles, à l’installation de dispensaires et de bibliothèques. Elle-même, ainsi qu’Orange, n’a pas échappé aux menaces. Fidèle à la tradition agricole de sa famille, elle a entrepris de réduire le déficit hydrique de zones désertiques par la plantation d’accacias porteurs du maringa, un fruit porteur d’huile et de gomme. Première femme arabe de moins de 30 ans à être classée par Forbes des meilleurs entrepreneurs, elle a rejoint le Conseil Présidentiel pour l’Afrique d’Emmanuel Macron. De sa double culture franco-tunisienne, elle conclut que les deux pays partagent les mêmes valeurs : Liberté, Egalité, Fraternité. Yasmina BENGUIGUI, Présidente de l’Institut Robert Schuman pour l’Europe, Présidente de la fondation Energies pour l’Afrique, évoque de façon poignante l’urgence du combat pour les droits des femmes. Sa fonction de Ministre déléguée à la Francophonie auprès du Ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement Ayrault l’a amenée dans un camp de femmes en Afrique où elle a constaté que le viol concernait jusqu’à des fillettes âgées de 17 mois, que dans plusieurs pays africains francophones, les filles n’ont droit à l’école que jusqu’à l’âge de 10 ans, alors que les garçons y sont admis jusqu’à 16 ans. Elle considère que, sans combats, les droits des femmes sont voués à régresser.

 

Les institutions tunisiennes ne restent pas étrangères à l’émergence du rôle des femmes dans le pays. Aujourd’hui, la moitié des postes universitaires sont occupés par des femmes. Il en est de même dans le corps médical. La parité adoptée en 2011 au Parlement a permis que sa composition actuelle inclue des femmes à hauteur de 35%. Elles sont maintenant présentes dans tous les conseils élus, ont acquis le droit à tutelle sur leurs enfants, la possibilité d’épouser un non-musulman, etc … L’évolution est en route.

 

En témoignent les contributions à cette Université d’Automne de M. Abdelaziz RASSAA, Ambassadeur de Tunisie en France, de M. Ghazi GHERAIRI, Ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO, de ¨. Noureddine HAJJI, Directeur Général d’EY Tunisie.

 

La FONDATION SISLEY-D’ORNANO, créée en 2007 par Hubert et Isabelle d’Ornano, pour accompagner des actions de qualité, concrètes et efficaces en France et à l’international dans les domaines de la solidarité, de la santé, de l’éducation, de la culture et de l’environnement, s’est associée à Femmes, Débat et Société et à Tunisiennes Fières en décernant le Prix Entrepreneurs Tunisiennes Fières/ FDS/Fondation Sisley-d’Ornano à Emma MILADI, prix qui lui a été remis par Isabelle d’ORNANO.

 

La lauréate, Tunisienne âgée de 22 ans, esr élève-ingénieure en électro-mécanique orientée vers l’organisation et la gestion industrielle. Major de promotion à l’Ecole d’Ingénieurs ESPRIT, elle est porteuse du projet ECOLEC et Présidente d’ENACTUS CGEM visant à promouvoir le progrès sociétal à travers les actions entrepreneuriales. Le projet ECOLEC a pour objet l’implantation de panneaux photo-voltaïques dans les zones isolées tunisiennes et africaines, panneaux aptes à fournir électricité et eau filtrée. Doté de 10 000 Euros, le prix de la Fondation Sisley-d’Ornano contribuera au développement de ce projet.

 

Jean-Pierre RAFFARIN, Ancien Premier Ministre, clôture cette Université d’Automne en soulignant que nous vivons en France avec des droits acquis qui ne reculent pas. Or, on l’a vu, les droits des femmes peuvent reculer. La cause de la paix est ancrée dans les consciences féminines, consciences dont les succès se font à bas bruit. Nous ne réalisons pas suffisamment les difficultés et les défis tunisiens. Pourtant, on ne fera pas la paix sans développement ni en désespérant la jeunesse. Actuellement, le plus grand danger politique se situe à la frontière libyo-tunisienne.

 

A l’issue de la séance, SISLEY a permis aux membres de FDS et de Tunisiennes Fières de se retrouver en les accueillant dans ses locaux pour un cocktail amical.

 

=> Cliquez sur le lien suivant : Plaquette d'information du colloque

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7 décembre 2017 : Université d’Automne des Femmes tunisiennes et françaises

 ‘La réussite au féminin,

Françaises et Tunisiennes au cœur du changement’ 

dans le cadre de

 

 l'Université d’Automne des Femmes tunisiennes et françaises
2ème édition 




 

Le jeudi 7 décembre 2017 à 14 heures

Au Palais du Luxembourg (salle Clémenceau)

15 rue de Vaugirard -  75006 Paris

 

Avec la participation de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre de la République française et Neziha Laabidi, Ministre de la femme et de la famille du Gouvernement tunisien, et Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret, Président du groue d'amitié Franc-Tunisie.

De nombreuses personnalités françaises et tunisiennes interviendront pour développer un réseau de réflexions autour de 3 problématiques cruciales pour nos deux pays :

  • Les femmes au cœur du numérique pour l’emploi, l’entreprise, la vie politique, la communication
  • Les femmes, remparts contre la montée des intégrismes
  • L’alliance franco-tunisienne au cœur de la Francophonie (Politique, International, Europe)

A l’issue de ce colloque, sera remis le Prix ‘Entrepreneure tunisienneFDS/Tunisiennes fières/Fondation SISLEY-d’Ornano par Madame Isabelle d’Ornano.

Invitation université d'automne en cliquant  ici

 

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7 novembre 2017 : FDS reçoit Dominique REYNIE, Direceur général de FONDAPOL

Après avoir accueilli , la Présidente de l’Association, Catherine DUMAS, récemment élue Sénatrice, présente brièvement à Dominique REYNIÉ, Femmes Débat Société qui réunit des femmes de Droite et du Centre occupant des postes de responsabilité dans les domaines de la politique, du social, de l’entreprise et de l’Administration.   

Dominique Reynié 2015 01

           Laure DARCOS, elle aussi récemment élue Sénatrice, présente Dominique REYNIÉ, Professeur des Universités à Sciences Po, Directeur Général de la Fondation pour l’Innovation Politique (FONDAPOL) et familier des médias. Il est, par ailleurs, l’auteur de plusieurs ouvrages : Le triomphe de l’opinion publique. O. Jacob 1998, Le Vertige Social-Nationaliste. La gauche du Non, La Table Ronde, 2005 ; Populisme, la pente fatale, Plon 2011 ; Les nouveaux populismes, Pluriel 2013, et tout récemment : Où va la démocratie ? Plon 2017. Chef de file des Républicains lors des dernières élections régionales en Languedoc-Roussillon, il a mené une campagne qui s’est avérée particulièrement dure. C’est de son expérience et de ses anticipations sur l’évolution de la démocratie qu’il vient faire part.            L’orateur se décrit comme d’abord intéressé, puis préoccupé par la politique car, s’il n’est pas pessimiste sur le long terme, il se dit inquiet sur le court terme. Nous nous avançons, d’après lui, en territoire inconnu, porteur de bouleversements dans les 10 années à venir, bouleversements qui concernent l’ensemble des pays européens. Son dernier ouvrage : Où va la démocratie ? se fonde en effet sur des observations et enquêtes menées en Europe.La démocratie telle que nous la connaissons aujourd’hui date de la fin du 19ème siècle. Elle est apparue avec son cortège de principes, d’institutions et de pratiques, tels que les notions de liberté, de respect des individus, les partis politiques et la formation de majorités. C’est à cette époque qu’a été instauré le suffrage universel, plus ou moins universel d’ailleurs, puisque fondé sur le seul suffrage masculin. Ce n’est qu’en 1944 que les femmes françaises ont été admises à voter, date très tardive par rapport à d’autres pays tels que la Nouvelle Zélande qui l’a adopté dès 1896, la Norvège en 1907, et presque toutes les autres démocraties en 1919.             La démocratie, qui est ce que l’on a fait de mieux en matière politique, n’est pas pour autant appelée à durer. Ceci alors que notre société a hissé un nombre de personnes à un niveau de connaissances l’un et l’autre exceptionnels. On peut en attendre une post-démocratie qui devient une hyper-démocratie.            On peut aussi assister à une déconstruction du modèle. Les jeunes ont, en effet, un rapport négatif aux principes démocratiques. La crise catalane vient de nous en fournir l’illustration : parce que la population de la Catalogne a été consultée, elle aurait droit à la sécession. Or, cette position est illégale, car contraire aux dispositions juridiques antérieures légalement approuvées. Parce que l’on a fait un scrutin, on aurait le droit de déroger aux règles communes ? C’est perdre de vue la nécessité évidente de l’attachement à des règles.            Un peu partout, la montée du populisme est spectaculaire : qu’il s’agisse du Brexit porteur de décisions majeures, ou du triomphe des populistes de la République Tchèque lors des dernières élections. Leur large victoire a disqualifié les socio-démocrates auxquels le pays devait une période de réussite économique. Pourquoi cette défaite ? A cause de l’accueil de migrants dont, en fin de compte, le nombre n’a pas dépassé 12. C’est le signe que la question de l’Islam va devenir surdéterminante et, en tous cas, très présente dans le futur.            En ce qui concerne la France, on peut considérer que l’élection de 2017 a été ratée, car elle est passée à côté des grands débats. Le pays s’est passionné pour des controverses, sans discuter de rien. La campagne a été dominée par les affaires alors que la droite devait gagner. Trois candidats : Emmanuel MACRON, François FILLON et Benoît HAMON n’étaient pas populistes. Les 8 autres n’ont rien dit d’intéressant : leurs propos ont négligé l’essentiel au profit du n’importe quoi. Or, ces 8 candidats ont obtenu 49% des votes, et même 55% si on leur ajoute les voix de Benoît HAMON. Au second tour, on peut comparer au 5 mai 2002 le 7 mai 2017. Lors de ce dernier vote, 57% des électeurs se sont abstenus, ont voté blanc ou nul, ou bien Front National. C’est dire que l’insurrection électorale est présente.            Si le Front National a perdu, ce n’est pas pour sauver la démocratie mais pour sauvegarder l’Euro. Ce n’est pas le Front Républicain qui a gagné, mais le Front Monétaire. Si 45% seulement des Français se disent attachés à l’Union Européenne, 58 % , par contre, se disent attachés à l’Euro. Ils ont vu dans le Front National une menace pour leurs économies. Dès lors, il suffit alors que le Front National modifie ses positions en matière monétaire ou que l’Euro disparaisse pour que se produisent des bouleversements considérables.            Alors que les démocrates gardent une approche rationnelle, les populistes ont pris le monopole de l’affect. Il reste une conclusion à tirer : attention à ne pas aimer la démocratie trop tard.Aux nombreuses questions qui lui sont ensuite posées, l’orateur apporte les réponses suivantes que l’on peut résumer ainsi :

  • Dans notre société la morale est de plus en plus prégnante, au point de tomber dans le moralisme. Or, le moralisme est un acide qui érode la confiance mutuelle. En témoignent, par exemple, les scandales soulevés par le Levothyrox ou les Paradise Papers. Or, ce n’est que dans les démocraties qu’apparaissent ces documents libérés, lâchés, autour desquels se font ou non des mobilisations corrosives de la confiance mutuelle. A noter qu’il n’en existe aucun exemple en Chine ou en Russie.
Cette corrosion de la confiance ouvre la voie aux contestations de la légitimité, à la mise en cause de l’expertise, au soupçon vis-à-vis de la parole qui dérange. Le système médiatique est en crise (cf. The Economist 4 – 10 Novembre 2017 : Social media’s threat to democracy) : on s’en prend à la personne en cherchant à la disqualifier en tant que personne.
  • Il faut se réjouir de l’apparition de représentants de la société civile au sein des Parlements. Apparition qui ne manque pas de susciter de fortes réactions corporatistes de la part de ceux qui sont ou étaient en place. L’expérience électorale de l’orateur en témoigne tout comme le fait qu’il a fallu une loi pour introduire la parité. La France souffre d’un système trop conservateur qui favorise les monopoles politiques.
  • La permanence du personnel politique aboutit à dissocier la société de ses représentants. Alors que la société a changé de culture, suite, par exemple, à la chute du Mur de Berlin en 1989 ; à l’apparition du Web en 1994 ou au renouvellement démographique français, la fonction politique est restée l’apanage des mêmes. La démocratie repose sur les institutions et la culture. Or, la culture démocratique s’effrite.
  • Les Primaires sont désastreuses et il est pourtant difficile d’imaginer autre chose en l’absence d’autorités naturelles au sein des partis.
  • Le vote à distance peut séduire, mais il se prête facilement au trafic des résultats.
  • Le harcèlement n’est plus considéré comme avant. La voie est ouverte à une transformation culturelle nécessaire.
Au terme de cet entretien, la Présidente Catherine DUMAS remercie très chaleureusement l’orateur dont les propos sont salués par de vifs applaudissements...

 

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Catherine DUMAS

Présidente FDS, Conseillère de Paris, Sénatrice de Paris

 

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