4 décembre 2018 : FDS reçoit Geoffroy DIDIER, député européen

Dans le cadre de ses déjeuners mensuels, L’Association Femmes Débat Société a accueilli Geoffroy DIDIER le 4 décembre 2018 afin d’évoquer avec lui les prochaines élections européennes.

Soucieuse de respecter les contraintes de l’agenda de son invité, la Présidente de l’Association Monique RONZEAU, récemment élue, l’accueille d’emblée en le remerciant d’évoquer un sujet si important.

Sont rappelées ensuite les principales étapes de la carrière de Geoffroy DIDIER : un cursus universitaire tant américain (Master of Law de l’Université Columbia à New York, visiting scholar à l’Université Harvard) que français (Sciences Po, DEA de droit des affaires, ESSEC Business School), lui permet de devenir avocat aux barreaux de Paris et de New York. L’appartenance à plusieurs cabinets ministériels, dont celui de Brice Hortefeux au Ministère de l’Intérieur le prépare à une carrière politique. Elu Conseiller Régional d’Ile de France en 2010, sur la liste de Valérie Pécresse, puis Secrétaire National de l’UMP, il fonde en 2012 La Droite Forte avec Guillaume PELTIER. Secrétaire Général Adjoint de l’UMP en 2013, il est aujourd’hui Vice Président du Conseil Régional d’Ile de France, Président de l’Etablissement Public Foncier d’Ile de France depuis 2017, député européen et Secrétaire Général Délégué des Républicains.

L’orateur souligne l’utilité de traiter d’abord des Gilets Jaunes avant d’aborder les questions européennes. La situation est, en effet, inédite dans la mesure où elle rassemble des Français qui ne sont ni encartés ni syndiqués, mais des citoyens qui ne peuvent pas boucler leur budget, des personnes qui ne voient plus d’intérêt à aller travailler.
A l’origine de la Taxe Carbone, il y a une duperie : 19% seulement de la TICPE et 5% de la hausse servent à la transition énergétique. Au parti L R incombe la responsabilité de calmer le jeu, car les violences commises au cours des manifestations des Gilets Jaunes sont inexcusables. Le Gouvernement ne parviendra à appréhender le défi des élections européennes avant d’avoir apaisé la colère des Gilets Jaunes.

Trois mots caractérisent l’Europe : elle est un fait, elle est notre histoire, elle est notre culture, notre civilisation. L’intérêt de la France, c’est l’Europe. Que pèse, par exemple, notre pays lorsqu’il dépose dix fois moins de brevets que n’en dépose la Chine ? Alors que l’opinion ne voit souvent dans l’Europe qu’une tuyauterie complexe, elle oublie ses réalisations : pour n’en citer que quelques unes : le programme Erasmus, la liberté de voyager, l’uniformité des tarifs téléphoniques, les Appellations d’Origine Contrôlée, la traçabilité des viandes, etc …Seule, l’Europe peut s’opposer à des multinationales, telles les GAFA, qui pèsent aujourd’hui autant qu’un Etat, qui réalisent des bénéfices de plusieurs milliards d’Euros, qui pratiquent un lobbying omniprésent. Face à ces puissances, l’Europe est un bouclier. Il faut se poser la question suivante : « suis-je plus ou moins protégé par l’Europe ? »

Lorsqu’on ne voit l’Europe que sous forme d’un instrument normatif, on oublie que la France sur-transpose les directives européennes, elle en rajoute. Là où l’Union Européenne compte 50 000 fonctionnaires au service de 500 millions de citoyens, la Mairie de Paris en compte elle tout autant (52 000) au service de 2,2 millions d’habitants. Bercy en compte 3 fois plus (150 000).

En matière d’immigration, il faut protéger les frontières de l’Europe et, pour ce faire, augmenter les effectifs de FRONTEX, distinguer les demandeurs d’asile politique des migrants économiques. Il n’existe pas de solution durable dans le repli national. S’impose alors la nécessité d’une concertation avec les pays africains d’origine.
Il faut aussi une Europe plus stable dans ses frontières qui ait le courage de refuser l’adhésion de la Turquie. L’Europe a une identité commune, fondée sur une culture chrétienne. Actuellement, il faut éviter d’élargir l’Europe à la Serbie, au Monténégro et à d’autres pays Balkans en attente, quitte à ce que ce refus ne soit pas définitif afin de leur éviter une mainmise russe.
Lorsqu’en Europe, 95% des marchés publics sont ouverts aux entreprises étrangères, les USA n’en ouvrent que 30% et la Chine 0%, IL faut instaurer un principe de réciprocité dans les échanges commerciaux.
Nous avons trop attendu que l’Europe fasse à notre place ce que nous n’avons pas toujours eu le courage de faire en France.

L’orateur se prête ensuite au jeu des questions-réponses que l’on peut résumer comme suit :
• L’Europe ne peut-elle aider à résoudre les problèmes internationaux au moment où l’on voit la présidence américaine modifier les liens transatlantiques entre les USA et l’Europe, la Russie et la Chine, où reprend la crise ukrainienne, où apparaît l’inquiétude dans les pays baltes vis-à-vis de leur puissant voisin ?
Geoffroy DIDIER rappelle que le système politique américain est fondé sur le « check and balance », autrement dit que le Sénat amortit les chocs et joue un rôle apaisant.
• Alors qu’en France, le Sénat a voté le gel de la hausse des carburants, on s’étonne que le Premier Ministre l’ait ignoré.
Geoffroy DIDIER estime que le moratoire pour six mois est une provocation, et que l’urgence est surtout de renoncer de manière définitive à cette hausse de taxe.
• Pourquoi n’arrive-t-on pas en Europe à taxer les GAFA ? C’est là un enjeu essentiel de la prochaine mandature.
L’orateur répond qu’il faut surtout se demander pourquoi il n’existe pas de GAFA européen. Il indique, par ailleurs, que TRUMP a suscité une vague de patriotisme alors qu’il n’existe pas de sentiment de citoyenneté européenne. Il faut construire un patriotisme européen, patriotisme et non pas souverainisme, qui écraserait les nationalismes.
Il faut défendre un patriotisme européen malgré les disparités que l’on constate au sein de l’Europe, par exemple : un SMIC qui s’élève à 215 Euros en Bulgarie et à 2 000 euros au Luxembourg, mêmes disparités entre les coûts de production, l’âge de départ en retraite (67 ans en Allemagne), la durée annuelle du travail, etc …
• Sont abordés ensuite les sujets suivants : l’Europe sociale et la paix, l’utilisation des impôts européens, la COP 24, sujets qui permettent à l’orateur de développer les points suivants :
- On constate un manque de pédagogie en matière européenne qui entretient chez les peuples des idées préconçues.
- La France génère 1 à 3% des émissions mondiales à effet de serre. Elle se distingue très favorablement dans ce domaine, car nos entreprises s’attachent technologiquement à la transition énergétique. L’Europe pourrait taxer la pollution importée et la Banque Européenne soutenir les investissements climato-compatibles. L’engagement en faveur du climat peut conforter la puissance européenne au moyen de crédits pour une croissance pérenne, donc sociale. Bien d’autres mesures peuvent la favoriser : discours incitatifs, isolation des logements, développement des circuits courts, taxation du kérosène mais il n’y aura pas de sauvetage climatique planétaire sans concertation européenne. A cette exigence, s’ajoute la nécessité de rendre l’écologie supportable économiquement.
- En ce qui concerne la présidence de TRUMP, on peut faire un parallèle intéressant avec la France : alors que TRUMP est l’élu de l’Amérique profonde, de ses territoires, Emmanuel MACRON en est éloigné.
- On ne peut pas gouverner la France avec 3% de déficit budgétaire pour seul objectif
- L’Europe doit aller vers la convergence des prélèvements fiscaux et sociaux.

Au terme de cet entretien, la Présidente Monique RONZEAU remercie chaleureusement son invité en soulignant la passion avec laquelle il défend ses idées et ses engagements.
Elle évoque les contacts pris avec les futurs invités des déjeuners de l’Association et indique à ses membres la possibilité de régler leur cotisation en ligne. Elle remercie Clara LEES, l’assistante de Catherine DUMAS , du travail qu’elle a effectué au service de l’Association et se réjouit de la voir bientôt en devenir membre.

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Catherine DUMAS

Présidente FDS, Conseillère de Paris, Sénatrice de Paris

 

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