Synthèse du déjeuner avec Claire Bazy-Malaurie

 

Claire-Bazy-MalaurieFDS a eu le plaisir de recevoir dans le cadre de ses déjeuners mensuels une femme au parcours d’exception, Claire Bazy-Malaurie, avec laquelle les participantes ont pu avoir des échanges directs, riches et d’une grande simplicité.

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et licenciée en russe, elle est également énarque, issue de la « fameuse » promotion Voltaire de 1980, à laquelle appartenaient également Ségolène Royal, François Hollande, Dominique de Villepin et….notre amie Françoise Miquel.

Entrée en 1980 à la Cour des comptes, elle devient président de chambre en janvier 2006. Cette spécialiste des questions universitaires avait notamment pour tâche de piloter le rapport annuel. Nommée sur proposition de Valérie Pécresse à la tête du Comité de suivi de la loi de 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités en janvier 2008, elle est choisie un an plus tard en qualité de médiatrice lors de la grogne des enseignants-chercheurs dans le dossier de réforme de l'université.

Président de Chambre à la Cour des comptes depuis 2006, ancien directeur des hôpitaux au ministère de la santé, ancien directeur des affaires financières et de l’administration générale au ministère de l’Equipement, CBM a été nommée en août 2010 sur proposition du Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, membre du Conseil constitutionnel. Elle rejoint ainsi la seule femme qui en faisait jusqu’alors partie, Jacqueline de Guillenschmidt.

CBM a bien voulu évoquer avec les membres de FDS tout à la fois la richesse d’un parcours professionnel d’une femme au sein d’un monde traditionnellement masculin au niveau des responsabilités qui ont été les siennes, celui de la haute fonction publique puis de la magistrature, tout en analysant avec lucidité les suites de hasards et de rencontres qui ont progressivement façonné ce parcours.

Née dans une famille au sein de laquelle il était évident que les trois filles devaient suivre les mêmes études que le fils aîné, elle note qu’elle ne s’est en réalité jamais pensé en tant que femme dans sa vie professionnelle, tout au moins jusqu’à une date récente. Elle souligne cette chance d’avoir pu s’appuyer sur sa famille et plus particulièrement son père, homme du 19ème siècle, autodidacte, convaincu de l’égalité entre les femmes et les hommes, pour ensuite accueillir toutes les opportunités qui vont s’offrir à elle.

Hasard des rencontres en effet, du service juridique de GDF, puis à Moscou en tant que juriste contractuel, et bien sûr ensuite le concours interne de l’ENA. Si CBM reconnaît volontiers n’avoir jamais eu à chercher un poste, elle se rappelle avec une certaine ironie avoir été à deux reprises écartée d’une prise de responsabilités par un ministre….

En évoquant sa nomination en 1980 à la Cour des comptes, (elle fut la 10ème femme à y être nommée !), elle se souvient de l’objet de curiosité qu’elle constitue alors pour bon nombre de ses collègues, de leurs interrogations sur sa volonté de faire des enfants tout en continuant à avancer dans sa carrière professionnelle, de la ferme volonté de Philippe Seguin de l’imposer sur sa propre valeur et non parce qu’elle était une femme, comme rapporteur général puis comme président de chambre.

En réalité, CBM tout en estimant qu’en ce qui la concerne, le fait d’être une femme a plutôt joué en sa faveur dans sa vie professionnelle, juge la situation plus difficile aujourd’hui pour les jeunes générations qui sont plus nombreuses, plus diplômées et qui, le plus souvent, ne cherchent pas à reprendre le combat en faveur de la parité. Elle se déclare notamment partagée sur la question des quotas, qui au mieux ne seraient qu’un mal nécessaire, un levier temporaire indispensable pour faire évoluer plus rapidement les mentalités. La crise du marché de l’emploi a par ailleurs compliqué la situation pour tout le monde et pas seulement pour les femmes….

La question centrale lui semble encore aujourd’hui être celle de la place des femmes dans les sphères de pouvoir ou plus exactement, de la représentation que les hommes et les femmes s’en font  et qui ne se traduisent pas forcément dans leurs actes: si sur de nombreux points, les équilibres Hommes/Femmes sont loin d’avoir progresser (Cf. les prises de position de FDS sur le sujet de la parité), elle reste fondamentalement  optimiste tant la capacité des femmes à faire preuve de qualités humaines remarquables au service de leur vie professionnelle et personnelle ne se dément pas.

Nourrie par les questions aiguisées des juristes présentes et notamment de Cécile Petit, en sa qualité de Premier Avocat Général à la Cour de cassation, la discussion s’est élargie au rôle actuel du Conseil constitutionnel et à son évolution actée en 2010 vers une véritable juridiction, grâce à la mise en œuvre de la question prioritaire de constitutionnalité et à la réforme de son mode de fonctionnement. CBM estime que cette réforme va dans le sens d’un dialogue plus équilibré entre les juges du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation et du Conseil constitutionnel, même s’il n’est pas souhaitable selon elle que ce dernier devienne un juge des litiges sur le modèle d’une Cour Suprême américaine.

Chacune d’entre nous aura pu apprécier au cours de ce déjeuner la qualité des échanges avec une femme engagée très tôt au service de l’action publique, qui nous a décrit avec les mots les plus justes sa trajectoire personnelle et son expérience au cœur de l’Etat.

Synthèse proposée par Monique RONZEAU pour FDS

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Monique RONZEAU

Présidente de FDS et du conseil d'administration

 

Monique Ronzeau

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